Cadre légal

Acheter un bien immobilier au Maroc en tant qu'étranger

Le point le moins bien expliqué par les agences généralistes, en clair.

Propriété libre, sans restriction de nationalité

Un étranger, résident ou non-résident au Maroc, peut acquérir en pleine propriété un bien immobilier urbain (villa, appartement, terrain à bâtir) sans autorisation préalable ni condition de nationalité. Il n'est pas nécessaire de résider au Maroc, ni d'y créer une société, pour acheter en nom propre.

La seule catégorie de bien soumise à restriction est le terrain agricole : son acquisition par un étranger nécessite une autorisation du gouverneur de la province. Ce cas ne concerne pas l'achat de villas ou d'appartements dans un lotissement ou une résidence, dont le terrain a déjà changé de vocation (dé-classement agricole) au moment de la commercialisation.

Vocation Non Agricole (VNA) : la seule autorisation requise

Pour un terrain anciennement classé agricole — ce qui est fréquent en périphérie de Marrakech, y compris pour des lotissements de villas neufs — un acheteur étranger doit s'assurer que le terrain dispose d'un certificat de Vocation Non Agricole (VNA). Cette pièce, délivrée par l'administration, atteste que le terrain a changé de vocation et peut être acquis sans l'autorisation préalable du gouverneur normalement requise pour les terrains agricoles. Dans un projet immobilier commercialisé neuf, c'est au promoteur de fournir cette pièce ; il est recommandé de la faire vérifier par son notaire avant signature.

La transaction, en pratique

L'acte de vente est reçu par un notaire marocain (ou un adoul pour certains actes traditionnels, non applicable au neuf). Le paiement se fait généralement en devises rapatriées via une banque marocaine, ce qui ouvre le droit — pour un non-résident — de rapatrier ultérieurement le produit de la revente ou les loyers, sous réserve de conserver les justificatifs de transfert initial (attestation de change).

Frais liés à l'achat

Fourchette de marché 2026. Les taux ci-dessous sont ceux généralement appliqués sur des biens construits ; ils varient selon le dossier et doivent être confirmés au cas par cas par le notaire au moment de la transaction.
FraisTaux
Droits d'enregistrement4 % du prix (biens construits)
Conservation foncière1 % à 1,5 %
Honoraires notaire1 % + TVA 20 % sur les honoraires
Timbres et frais divers2 500 à 5 000 DH (forfaitaire)

Total tout compris : environ 5,8 % à 7 % du prix, jusqu'à 8 % selon le type de bien.

Point de vigilance 2026 — traçabilité des paiements. Un droit additionnel de 2 % s'applique en cas de paiement en espèces non traçable. C'est un bon repère de transparence pour l'acheteur : un paiement effectué par virement bancaire documenté (le circuit standard pour un non-résident, voir ci-dessus) n'est pas concerné et permet de suivre un processus d'achat entièrement traçable, dans l'intérêt de l'acheteur comme du vendeur.

Taxe sur le profit immobilier (TPI) à la revente

En cas de revente, le profit réalisé est soumis à la taxe sur le profit immobilier (TPI) : 20 % du profit net, avec un minimum de perception de 3 % du prix de vente si ce montant dépasse l'impôt calculé sur le profit. Ce régime s'applique aux résidents comme aux non-résidents, sans distinction de nationalité (Art. 61-I du Code Général des Impôts).

Le profit imposable se calcule par différence entre le prix de vente et le prix d'achat — ce dernier étant revalorisé par un coefficient annuel officiel pour neutraliser l'inflation avant le calcul.

L'exonération liée à la résidence principale (bien détenu 5 ans ou plus et occupé comme habitation principale) ne s'applique généralement pas à un bien acheté comme résidence secondaire ou destiné à la location. Pour un investisseur, le scénario de référence à retenir est donc 20 % du profit, avec un plancher de 3 % du prix de vente — pas l'exonération.

Ce régime a été révisé par la loi de finances 2026 et continue d'évoluer. Les seuils et mécanismes exacts doivent être confirmés avec un fiscaliste marocain avant toute décision d'achat — ce guide donne une orientation générale, pas un calcul personnalisé.

Impôt sur les revenus locatifs

Les loyers perçus bénéficient d'un abattement forfaitaire de 40 % sur le montant brut ; le solde est ensuite soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu (de 0 % à 37-38 % selon les tranches, Art. 73-II du Code Général des Impôts).

Une option pour un taux fixe libératoire de 20 % sur le loyer brut existe lorsque le revenu locatif annuel dépasse 120 000 DH (seuil 2026) — un régime qui peut être plus simple ou plus avantageux selon la tranche marginale d'imposition du propriétaire.

Ces deux régimes (TPI et impôt locatif) sont indiqués à titre d'orientation générale, pas comme un calcul garanti pour un dossier particulier — les conventions de non double-imposition, le statut de résidence fiscale de l'acheteur et l'évolution de la loi de finances peuvent modifier le résultat.

Financement

Les banques marocaines proposent des prêts immobiliers aux non-résidents, généralement plafonnés à un pourcentage du prix d'achat (souvent évoqué autour de 70%, à vérifier au cas par cas) et remboursables en dirhams ou en devises selon les établissements. La plupart des promoteurs proposent en parallèle un plan de paiement échelonné directement lié à l'avancement des travaux — c'est le schéma retenu par les projets présentés sur BabInvest (voir la section Financement de chaque microsite).

Ce qu'il faut retenir